Biographie :
Né en 1983, Tadao Cern vit et travaille à Vilnius en Lituanie. Il est diplômé d’un master en architecture et s’oriente dès 2011 vers la photographie. Ses clichés lui ouvrent les portes d’une carrière internationale, il expose dans de nombreux lieux prestigieux comme au Van Gogh Museum et obtient plusieurs prix.
En 2018, ses projets se tournent vers le volume et il présente des installations monumentales où ballons noirs et plantes séchées suspendus entraînent le spectateur dans un univers onirique et sensible.
Événements :
L’Adieu (The Farewell)
Carte blanche à Tadao Cern à l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Ginals
Du 7 juillet 2024 au 5 janvier 2025
Photo : © DR
Interview :
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Tadao Cern, un artiste lituanien avec une formation en architecture. Depuis ma transition vers le domaine de l’art contemporain en 2010, j’explore les limites du comportement humain et de la perception à travers des installations immersives et des projets conceptuels. Mon travail transforme souvent des matériaux du quotidien en expériences contemplatives, invitant le spectateur à réfléchir sur des thèmes tels que la mémoire, l’identité et la nature éphémère de l’existence.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail ?
La perception visuelle ainsi que le processus créatif sont fortement influencés par ce que j’ai appris en travaillant comme architecte. J’étais profondément intéressé par le comportement humain et les habitudes – je travaillais autour ou avec eux. Aujourd’hui, en tant qu’artiste, mon champ d’intérêt reste le même : je m’interroge sur ce qui influence nos actions de manière spécifique et si ces influences peuvent être modifiées. J’opère dans un laboratoire où la pensée créative sert de base à des expériences visant à envisager les limites de notre comportement. En tant qu’artiste, je documente, transforme, recrée ou fais disparaître ces limites.
C’est une obligation joyeuse que de prendre des objets ou des événements banals et de les dépouiller jusqu’à leurs concepts fondamentaux, lesquels agissent comme une source de renouveau, nous aidant à redécouvrir des choses oubliées ou prises pour acquises.
Que prévoyez-vous durant la Saison ?
Lors de la Saison lituanienne en France 2024, je présente l’installation L’Adieu à l’Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue. Cette œuvre s’inscrit dans l’évolution de ma série French Exit, où je suspends des nuages d’herbe sèche au plafond, créant un environnement immersif incitant à la réflexion sur les thèmes du départ et de la nature transitoire de la vie. Le terme French exit fait référence au fait de quitter une réunion sociale sans dire au revoir, un concept qui résonne avec l’exploration des adieux et des séparations silencieuses dans cette installation. En transformant un matériau ordinaire et accessible en une œuvre d’art contemplative, je cherche à enrichir les pages de notre mémoire collective, reconnaissant les moments où nous partons parfois sans un véritable au revoir.
Que pensez-vous de la Saison de la Lituanie en France 2024 (son impact sur votre parcours professionnel, le public, les médias et le secteur culturel en général) ?
La Saison de la Lituanie en France 2024 représente une opportunité importante d’échange culturel et de collaboration entre la Lituanie et la France. Professionnellement, elle m’offre une plateforme pour présenter mon travail à un public plus large, favorisant de nouveaux dialogues et des partenariats potentiels au sein de la communauté artistique internationale. Pour le public et les médias, cette initiative constitue une porte d’entrée vers la richesse de l’art contemporain lituanien, promouvant une compréhension et une appréciation mutuelles. Plus largement, dans le secteur culturel, de tels événements renforcent les liens interculturels, encouragent l’innovation artistique et contribuent à un paysage culturel plus interconnecté et vibrant.